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"Repose-tête"

"Repose-tête"

Dynastie des Song du Nord (960-1126),
Hauteur : 14,5 cm ; Longueur : 28,5 cm ;
Grès à engobe noir et blanc et à glaçure verte,
Achat, 1961, ancienne collection Charles Vignier.

A droite : Repose-tête Song

Autrefois en Chine, les coiffures, très sophistiquées, n’étaient pas refaites tous les jours. Aussi, pour pouvoir les maintenir en place, les femmes et les hommes dormaient en plaçant leur cou sur un repose-tête en matière dure – en  métal ou, comme c’est le cas ici, en céramique.
Cette œuvre se présente sous la forme d’un long parallélépipède rectangle. C’est une morphologie qui était déjà en usage sous les Tang (618-907). Les six faces de la pièce sont ornées de motifs de rinceaux feuillagés se déployant dans un cadre noir. La pièce a été moulée en plusieurs sections, assemblées ensuite à la barbotine (l’ajustage se situe au niveau des arêtes, puis les angles sont arrondis). Le décor est fait d’un engobe noir et blanc, revêtu d’une glaçure plombifère verte. C’est-à-dire que l’oreiller est d’abord trempé dans un engobe blanc, puis dans un engobe noir. Les motifs sont incisés dans l’engobe noir, ce qui laisse apparent l’engobe blanc, dans le fond. Enfin, la glaçure colorée est posée, avant la cuisson. Il s’agit d’un procédé décoratif très développé au XIIe siècle, plus particulièrement à Cixian (province du Hebei) et à Xiuwuxian (province du Henan).
Ces oreillers apparaissent sous les Han occidentaux (206 avant J.-C. – 24 apr. J.-C.), plus d’un siècle avant notre ère, mais leur production se développe surtout sous les Tang. Ils prennent des formes très variées. A contrario, sous les Song, les formes se répartissent strictement selon leur usage rituel : d’une part pour les vivants, d’autre part pour les morts (les oreillers funéraires sont placés sous la tête des morts, dans leurs tombes, avec d’autres objets de la vie quotidienne). Les potiers de Cizhou se font les spécialistes de la production de telles pièces en céramique, sous les Song et les Jin (115-1234). Le Victoria & Albert Museum, à Londres, en conserve de très beaux exemples. Ces oreillers peuvent se présenter sous une forme zoomorphe, anthropomorphe, ou, plus simplement, géométrique.

Ces céramiques étaient abondamment décorées, de motifs figuratifs ou décoratifs (le musée Pincé conserve par exemple un autre repose-tête Song, orné d’un décor d’enfant jouant avec un canard, voir ci-contre). On appelle ces productions des ateliers de Cizhou « populaires », par opposition aux productions de la cour, plus prestigieuses, et dans des matériaux plus nobles.
La taille de ce repose-tête, importante pour ce type d’objet, pourrait indiquer une sorte de préfiguration des oreillers doubles (d’ailleurs le cartouche dans lequel se déploie le motif végétal est séparé en deux par une bande noire verticale), ou plus simplement un exemple de taille exceptionnelle.

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