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MNR 252 – La Vierge, saint Jean-Baptiste et un ange adorant l’Enfant Jésus

Botticelli (?)
Florence, 2e moitié du XVe siècle (?)
Tempera sur bois
0,70 x 0,52 m
 
> collection Simon Meller
> acheté par Haberstock chez Meller, à Paris, en décembre 1940, et revendu aussitôt 23000 reichsmarks, au musée de Linz (Autriche) (n° 1604)
> mis à l’abri dans les mines de sel d’Alt Ausee ; transféré le 15 juillet 1945 au Central Collecting Point de Munich, n° 4412
> renvoyé en France le 19 septembre 1946 ; récupéré par l’Office des biens privés ; attribué au musée du Louvre en 1950 par décision de la 4e commission de choix du 21 décembre 1949 (MNR 252) 
> déposé au musée des Beaux-Arts d’Angers (échange Campana), arrêté de dépôt et arrivée à Angers en décembre 1969.

    Botticelli (Florence, vers 1445 – Florence, 1510), Botticini (Florence, 1446 – Florence, 1497), ou bien encore anonyme ? La désignation de l’auteur de ce tableau ne cesse de résister à l’analyse – à l’œil comme aux examens de laboratoire, aux comparaisons stylistiques comme aux observations typologiques. On s’accorde cependant sur la provenance et la datation de cette œuvre : Florence, durant la seconde moitié du XVe siècle.
    La composition de ce panneau est, à l’exception de quelques éléments, presque parfaitement identique à celle d’une Vierge à l’Enfant avec deux anges  conservée au musée des Beaux-Arts de Strasbourg, et attribuée à Sandro Botticelli. La Vierge de trois-quarts, tenant sur ses genoux l’Enfant, potelé et tourné vers le spectateur, est entourée de saint Jean-Baptiste et d’un ange. Le premier est reconnaissable à la croix qu’il tient dans sa main gauche – une évocation du baptême du Christ –, ainsi qu’à l’inscription qui le désigne sur le col de sa tunique. L’ange, dont les ailes sont masquées, est sans doute l’archange Gabriel, ainsi que le laissent penser la couronne de fleurs qui ceint son front, et le lys qu’il brandit, à la symbolique virginale. On a pu considérer que la répétition de ce motif, élaboré par le jeune Botticelli autour des années 1470, revenait à l’un de ses suiveurs, Francesco Botticini, mais la grande qualité du dessin (notable par exemple dans le détail de la main de la Vierge) et la virtuosité du traitement des chairs ont pu étayer l’attribution au maître. Les spécialistes voient, par ailleurs, dans ce tableau, l’héritage de Filippo Lippi (Florence 1406 – Spolète, 1469) et d’Andrea del Verrocchio (Florence, 1435 – Venise, 1488), dont Botticelli a été l’élève .
    Le répertoire décoratif général, avec la myriade d’éléments métalliques ponctuant tissus et galons, ainsi que la couronne et le voile de la Vierge éveillent toutefois des suspicions sur l’authenticité du panneau, d’autant que l’or n’est jamais aussi présent chez Botticelli. Néanmoins, les analyses réalisées par le Laboratoire du Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF) décèlent, dans la couche picturale, des éléments en faveur de son l’authenticité : un dessin sous-jacent, une sous-couche de verdaccio (une technique caractéristique du Quattrocento produisant la tonalité jaune-verdâtre typique des carnations) et des pigments caractéristiques des périodes anciennes. L’une des hypothèses avancée récemment est que cette œuvre ancienne, authentique, ait été très retouchée à une époque ultérieure, sans que l’histoire matérielle du tableau ne nous permette d’aller plus avant. Des examens complémentaires et la poursuite des recherches seront de nature à fournir une attribution plus sûre et plus documentée encore.

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