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Œuvres choisies
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Champagne

Jean Lurçat
1959
4,40 x 7,02 m
Atelier Tabard, Aubusson
Sixième tapisserie du Chant du monde (1957-1966)
Achat Simone Lurçat, 1967

La composition de Champagne s’organise en diagonale. L’artiste a voulu ainsi exprimer le mouvement, l’impulsion, la joie de vivre. A gauche, une cuve de champagne, en bois, est enserrée dans une vigne aux vigoureuses racines ; auréolée de rayons bleus, elle laisse échapper des jets de bulles blanches, bleues et rouges, auxquelles se mêlent une multitude de papillons colorés. Posée au sol, une cornemuse suggère que la musique contribue à la fête.
En retombant sur le sol, le breuvage fertilise la terre et donne vie à une végétation luxuriante d’iris aux feuillages bleus. Plus haut, un papillon bleu se détache par sa taille imposante. C’est lors d’un voyage au Brésil, en 1954, que Jean Lurçat a découvert des papillons qui l’ont impressionné. « Ce qui m’intéresse dans le papillon, ce n’est pas la réalité de cet insecte, c’est l’invention extraordinaire que constituent l’entrelacs des formes, le pétillement des coloris […]. J’ai besoin de ces formes et de ces lignes inattendues, dégagées. De cet éclatement, de ce mouvement. »
En bas à droite, un crâne humain, à peine discernable, est posé à l’envers. Des plantes ont pris racine et s’épanouissent à travers les orbites : peut-être une allusion aux vanités, ces tableaux réalistes très prisés aux 17e et 18e siècles dont les crânes, les sabliers, les fleurs fanées, rappelaient le caractère éphémère de la vie et invitaient à la tempérance. Mais Jean Lurçat, en reléguant ce crâne en périphérie de la composition et en le retournant, semble inverser le concept. Il donne à la vie toute sa vigueur et sa force tout en confirmant son espoir en l’homme.

« Champagne. C’est le jaillissement. Le vin n’est rien, rien qu’un liquide pervers si le cœur n’en est pas le vase. » Jean Lurçat

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