Né à Angers en 1788, le jeune Pierre-Jean David s'installe à Paris et se présente au concours du prix de Rome, auquel il est reçu en 1811. Il séjourne en Italie pendant quatre ans et y découvre l'art antique, qui le marque profondément.
Bénéficiaire, en sa jeunesse, d'une bourse accordée par sa ville natale, David accole à son patronyme celui d'Angers. Tout au long de sa carrière, il envoie ses œuvres au musée et dès 1839, une galerie est inaugurée au musée des Beaux-Arts. Républicain convaincu, ardent défenseur des Droits de l'Homme, il s'est engagé, par ses écrits, par le choix des personnages qu'il représente, par son action politique.
Il meurt à Paris en 1856.
C'est en 1984 que fut inaugurée par François Mitterrand, Président de la République, la Galerie David d'Angers dans l'abbatiale Toussaint rénovée.
Dans l'espace plus intime du chœur de l'abbatiale, la mezzanine offre un face-à-face avec les personnalités de l'époque romantique qu'a rencontré David.
On y voit 44 bustes en divers matériaux, des plâtres d'atelier, des terres cuites, œuvres préliminaires aux réalisations définitives en marbre ou en bronze. Les terres cuites, modelées de la main même de David, rendent tout particulièrement l'enveloppe de chair, sa sensibilité, la vie inscrite dans les rides. L'absence de regard contribue à l'intemporalité des personnages : "c'est l'immortalité que vous m'envoyez" lui écrit Victor Hugo.
Grandeur nature ou plus grands, les personnages sont représentés en buste, le plus souvent sans vêtements, rarement avec le costume d'époque ou quelque accessoire significatif. Ainsi David se concentre sur l'expression du visage, la conformation de son crâne manifestant, selon les théories physiognomoniques alors en vogue, le caractère du modèle. " Ainsi l'intérieur de l'homme m'est dévoilé. Le physique s'éclaire par le moral ", écrit David à propos du buste de Chateaubriand. A Paris où il fréquentait les salons, à l'étranger, David fit poser devant lui les intellectuels, hommes politiques, hommes de lettres (Balzac, Chateaubriand, Victor Hugo …), artistes, scientifiques ainsi que quelques femmes, tous des personnalités éminentes dont les travaux et les actions ont marqué l'histoire du 19e siècle.
Une centaine de médaillons en bronze est exposée en vitrine, portraits saisissants de la génération romantique (George Sand, Rouget de l'Isle, le poète et philosophe allemand Goethe …). La technique de fonte en bronze des médaillons, petits disques n'excédant pas 25 cm de diamètre, a été utilisée par David d'Angers pour 550 effigies. Les personnages furent choisis en raison de l'amitié, de leur notoriété, de l'apport de leur oeuvre ou de leurs actions. Pour capter au mieux la psychologie du modèle, David fait poser de profil, tel les médailles et monnaies. Au même moment, l'invention de la photographie modifie définitivement la représentation de la personne.
De facture classique, ces sculptures témoignent de la volonté de David d'Angers de laisser à la postérité les effigies des hommes qui ont marqué l'Histoire. Tous sont des militants actifs des Droits de l'Homme et de l'indépendance des nations. Ainsi David s'inscrit-il dans ce courant né dans la première moitié du 19e siècle et qui perdure de nos jours.
L'œuvre de David d'Angers se trouve disséminée en France et en Europe ; le grand intérêt de la Galerie à Angers est de montrer la presque-totalité des sculptures sous forme de plâtres d'atelier, qui sont l'étape préparatoire à l'œuvre définitive, celle-ci étant coulée en bronze, sculptée en marbre ou en pierre. Les plâtres d'atelier transmettent au mieux la pensée et les gestes de l'artiste. Généralement, ils sont détruits après la réalisation finale. David d'Angers, puis sa famille, les adressent au musée de sa ville natale. D'autres œuvres, en marbre, en terre cuite et en bronze, auxquelles s'ajoutent 3000 dessins constituent un musée monographique complet.
Dans la nef sont exposées 23 statues monumentales, Jean Bart pour Dunkerque, Gutenberg pour Strasbourg … ainsi que le magistral Marquis de Bonchamps ; sur la maquette au tiers du Fronton du Panthéon sont mis en place les personnages qui, selon David, illustrent la phrase républicaine " Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante ".
Dans le chœur, où le bois domine, sont présentées les œuvres de plus petites dimensions et les œuvres de jeunesse. Dans les vitrines se trouvent 47 statuettes et les dessins, montrant l'évolution de la pensée créatrice du sculpteur.