Pour ce projet “Humain au silex ”, Elodie Verdier propose une série de dessins commencée pendant le confinement, en 2020 (crayon de couleur et mine graphite sur papier Old Mill) qui prolonge un thème central qu’elle décline depuis le début de sa recherche sur le corps, celui du fœtus, de l’origine. Dans chaque dessin se joue une conversation plastique et intuitive entre un corps et un silex, objet qu’elle étudie depuis fin 2022 à partir de la collection des pierres taillées du Muséum des sciences naturelles d’Angers.

A partir de son propre corps, Elodie établit une forme de connexion, plaçant dans sa main le silex au moment où elle le dessine, créant une sorte de rituel poétique dans lequel la collecte par le trait des corps de l’enfance à l’âge adulte, en fœtus lovés, repliés sur l’invisible, se referme et s’ouvre à la fois en une métaphysique infinie. Il se développe dans cette série de dessins une interrogation, une méditation qui nous replonge dans l’image ancestrale de la caverne utérine, nous ramenant à travers une forme douce de vanité à la dimension archaïque de nos propres corps.
Peu à peu les pierres comme les corps révèlent leurs ombres, changeantes avec la lumière tels deux portraits, presque deux âmes côte à côte. Dans sa nudité première, cette position fœtale que les modèles, de leurs corps contemporains, cherchent à retrouver, à habiter dans l’espace face aux premiers objets façonnés par l’homme à la préhistoire, nous ramène à notre point de départ, comme pour nous faire reprendre conscience de nos origines, nous entraîner dans une réflexion sur notre voyage temporel et abyssal depuis cette lointaine époque jusqu’à notre présent.
