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Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine

Réouverture demain10H-18H

Musée Jean-Lurçat
et de la Tapisserie Contemporaine

Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine
  • Adresse
    4 Boulevard Arago - 49100 Angers
  • Tarifs
    Plein tarif : 6€ • Demi-tarif : 3€
  • Ouverture
    Du mardi au dimanche • 10H-18H
    Fermé les 1er et 11 nov., 25 déc., 1er janv. et 1er mai

Parcours de visite

Deux sites pour une riche collection d'art textile

Les collections du musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie contemporaine sont présentées dans deux bâtiments. L'Hôpital Saint-Jean, remarquable ensemble architectural du 12e siècle, abrite la tenture du Chant du Monde de Jean Lurçat. Un bâtiment voisin présente les collections des années 1930 jusqu'aux démarches contemporaines de la création textile.

Le chant du monde - Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie contemporaine
Le Chant du Monde de Jean Lurçat dans l'ancienne salle des malades de l'hôpital Saint-Jean © Musées d'Angers, F. Baglin ; Fondation Lurçat / Adagp, Paris 2021

Tenture composée de dix tapisseries, Le Chant du Monde est considéré comme le chef-d'oeuvre de Jean Lurçat (1892-1966).
Entreprise en 1957 à Aubusson, ville de la Creuse réputée depuis le 16e siècle pour la qualité du travail de ses liciers, la tenture est tissée sur une décennie environ, par trois ateliers (Tabard, Picaud et Goubely).

Le chant du monde - Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie contemporaine
Jean Lurçat, La Grande Menace, 1957 © Musées d'Angers, F. Baglin ; Fondation Lurçat / Adagp, Paris 2021
Le chant du monde - Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie contemporaine
Jean Lurçat, Ornamentos Sagrados, 1966 © Musées d'Angers, F. Baglin ; Fondation Lurçat / Adagp, Paris 2021

De La Grande Menace à Ornamentos Sagrados, première et dernière pièces de ce cycle inachevé, Le Chant du Monde est à la fois une vision poétique et symbolique du monde et le manifeste d'un artiste engagé, issu d'une génération ébranlée par deux guerres.
Jean Lurçat y définit la place de l'Homme au sein de l'univers. C'est un message d'espoir et de paix, émis dans un contexte marqué par la Guerre Froide et la menace prégnante de la bombe atomique.

Cet ensemble est conçu comme une version moderne de l'Apocalypse, célèbre tenture médiévale qui a profondément marqué l'artiste lorsqu'il l'a découverte en 1937 (exposée aujourd'hui au Château d'Angers). Ainsi Lurçat souhaitait que Le Chant du Monde soit exposé non loin de l'oeuvre inspiratrice. Un an après son décès, en 1967, la Ville acquiert la tenture auprès de son épouse, Simone Lurçat. Elle est depuis exposée dans cette salle.

« Le premier titre de ce Chant du Monde c'était La Joie de vivre. Je n'ai pas tardé à me convaincre que la vie, pour qui tente de vivre droit, c'est chose sucrée et salée, douce et amère, convulsive et sereine. » Jean Lurçat

Restauré en 1986 pour agrandir le musée, un ancien orphelinat, construit au 17e siècle, présente les collections issues notamment d'importantes donations (Lurçat, Gleb et Grau-Garriga). C'est également dans ce bâtiment que sont présentées les acquisitions récentes et les expositions temporaires.

Tapisserie contemporaine - Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie contemporaine
© Musées d'Angers

Les collections Lurçat

Le fonds Lurçat complète Le Chant du Monde par des tableaux, céramiques et tapisseries et permet d'évoquer la carrière de cet artiste (1892-1966).
Grâce à l'importante donation de Simone Lurçat en 1988 et à une politique d'achats réguliers, le musée présente quelques grandes toiles de l'artiste. La présentation chronologique permet de suivre l'évolution de sa peinture et d'aborder les principaux mouvements qui ont animé l'art de la première moitié du 20e siècle.

Tapisserie contemporaine - Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie contemporaine
© Musées d'Angers, F. Baglin ; Fondation Lurçat / Adagp, Paris 2021
Tapisserie contemporaine - Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie contemporaine
© Musées d'Angers, F. Baglin ; Fondation Lurçat / Adagp, Paris 2021

Jean Lurçat appartient à la génération qui suit celle des grands cubistes, comme Picasso ou Braque, et qui a subi les séquelles de la Première guerre mondiale. Issus de ce choc, les dadaïstes et les surréalistes ont remis en question le statut de l'art. Jean Lurçat s'inscrit dans ce mouvement tout en conservant et en développant une palette colorée dont la spécificité et les qualités ont été soulignées dès les années 1920-1930 par les critiques d'art.
Une place importante est également dévolue à sa tapisserie : Jean Lurçat est un des acteurs majeurs du mouvement de la « Renaissance de la tapisserie française » d'après-guerre.
Dès les années 1910-1920, il s'intéresse au mural et à la tapisserie en faisant réaliser des canevas à l'aiguille. Après la guerre, il remet au goût du jour la technique du carton numéroté ou du tissage à gros points qui permet une bonne transcription des cartons par l'atelier chargé de les exécuter. Il revendique un langage spécifique pour la réalisation du carton : l'écriture et le nombre des couleurs doivent être simplifiés. Il s'appuie en cela sur l'étude et la connaissance qu'il a de la tapisserie médiévale.

Les collections des années 1960 à nos jours

Succède dans une autre salle la présentation d'artistes issus de la génération suivante (avec Mario Prassinos, Robert Wogensky, Mathieu Matégot, Jacques Lagrange, André Borderie, Michel Tourlière ou Yves Millecamps), née dans les années 1910-1930 et qui, après la guerre, a délibérément fait le choix de l'abstraction.

Tapisserie contemporaine - Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie contemporaine
© Michel Dieuzaide
Tapisserie contemporaine - Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie contemporaine
© Musées d'Angers, F. Baglin

Trois salles sont ensuite consacrées à Thomas Gleb (1912-1991) artiste peintre d'origine polonaise. Sa rencontre avec le licier Pierre Daquin, aux débuts des années 1960, le propulse dans le mouvement de la "Nouvelle tapisserie". Ces tapisseries "blanc sur blanc" à la dimension métaphysique comptent parmi les oeuvres d'avant-garde de cette décennie.
Sa relation avec Angers débute en 1965 lorsque Pierre Carton, qui dirigeait l'atelier de tapisseries de l'école des beaux-arts d'Angers, propose à ses élèves de tisser d'après des maquettes de Gleb. En 1968 le premier atelier de tapisserie d'Angers, l'ATA, commence une collaboration fructueuse avec l'artiste. En 1987, le musée lui consacre une grande exposition. L'artiste s'installe à Angers deux ans après.
Suite à une première donation, une salle permanente lui est dédiée à partir de 1991, année de sa disparition. En 1998, son fils Jean Kalman verse au musée les archives de son père ; ce qui aboutit en 2001 à une grande exposition - Gleb nouveaux visages - sur les multiples aspects de la personnalité créatrice de Gleb. Une donation d'une centaine d'oeuvres (dessins, peintures, sculptures, carton de tapisserie, céramique) est venue compléter l'ensemble en 2004. Citons notamment Benjamin et Les Tables de la loi.

La dernière salle du musée est consacrée à l'artiste d'origine catalane Josep Grau-Garriga (1929-2011). Peu après 1989, date de ses expositions angevines dans le cadre du bicentenaire de la Révolution française, l'artiste s'est installé en Anjou, à Saint-Mathurin-sur-Loire. Un environnement particulièrement favorable, avec un grand atelier pour peindre, une grange-atelier pour tisser et la proximité du fleuve avec ses lumières magnifiques, font que cette période est particulièrement féconde pour l'artiste.

Tapisserie contemporaine - Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie contemporaine
© Musées d'Angers, P. David
Tapisserie contemporaine - Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie contemporaine
© Musées d'Angers, F. Baglin

En tapisserie, à partir de 1999, Grau-Garriga commence un cycle d'oeuvres sur la vie des paysans et ses souvenirs liés à l'enfance. Une exposition faisant le point sur dix ans de création (1990-2000) est organisée au musée. Par la suite, Grau-Garriga offre un ensemble d'oeuvres : quatre tapisseries monumentales qui appartiennent au cycle sur l'enfance de l'artiste en Catalogne, la vie à la campagne (Aspre-dolc, Amb o sense fruit), un hommage à ses parents (Al padre et Al madre) et au couple (Home et Dona). La rudesse et la douceur sont physiquement sensibles lorsque l'on pénètre dans la salle.

Expositions temporaires

Le musée conduit aussi une politique d'expositions temporaires consacrées aux grands noms de la tapisserie française d'après-guerre (Lagrange, Prassinos, Wogensky, Matégot, Tourlière...), au mouvement des artistes de la "Nouvelle tapisserie" des années 1960-70 (Gleb, Grau-Garriga, Buic, Daquin, Olga de Amaral...), aux artistes liciers créateurs de ces dernières décennies (Giannesini, Simard Laflamme...).
Quelques autres expositions montrent la diversité de l'expression textile, comme les oeuvres de l'atelier égyptien de Wissa Wassef, l'oeuvre tressée de Guy Houdouin/Odon, les tricotages et dentelles de Marie-Rose Lortet ou le concours international de mini-textiles...
Une galerie d'actualité permet également de présenter des acquisitions récentes.

Par ailleurs, un centre de documentation sur l'art textile est situé au 1er étage du bâtiment. Il est accessible sur rendez-vous.

Les incontournables

Sélection d'oeuvres incontournables du Musée Jean-Lurçat Découvrir

Le bâtiment

De l'hôpital au musée
L'hôpital Saint-Jean - Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie contemporaine
Cloître de l'hôpital Saint-Jean © Albert

De l'hôtel particulier du 15e siècle à la Révolution

L'hôpital Saint-Jean est l'un des derniers exemples remarquablement conservé des grands ensembles hospitaliers créés au 12e siècle ; il compte aujourd'hui parmi les monuments exceptionnels du patrimoine angevin.

Fondé par des laïcs vers 1175 pour répondre aux besoins croissants d'une population urbaine en plein développement, l'hôpital Saint-Jean est ensuite pris en charge par des religieux.
Pendant huit siècles, les plus pauvres et les malades y sont accueillis. L'apothicairerie est un des derniers témoignages de la fonction hospitalière du lieu. Elle offre un remarquable ensemble de faïences et porcelaines de grands centres français des 17e et 18e siècles.
En 1865, un nouvel hôpital est créé à proximité, l'actuel Centre Hospitalier Universitaire. Le lieu est alors transformé en « musée des Antiquités » de la ville. Il rassemble objets de fouilles, vestiges d'architecture, mobilier, vêtements, outils...
Un siècle plus tard, en 1967, les collections font place au Chant du Monde de Jean Lurçat.

Tapisserie contemporaine - Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie contemporaine
© Musées d'Angers
Tapisserie contemporaine - Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie contemporaine
© Musées d'Angers

Un chef-d'oeuvre du gothique Plantagenêt

L'hôpital Saint-Jean - Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie contemporaine
Extérieur hôpital Saint-Jean © Albert

Le mur pignon est flanqué de larges contreforts qui rythment la façade. Les matériaux de construction sont caractéristiques de la région : schiste pour les soubassements et tuffeau appareillé en élévation. Devant la porte une galerie couverte a été ajoutée au 17e siècle. L'entrée actuelle donne directement accès à la salle des malades du 12e siècle.
La finesse et l'élégance de l'intérieur contrastent avec la force et la sévérité de la façade.
Vaste halle de 60 mètres de long sur 22,50 mètres de large, la salle des malades est divisée en trois nefs égales. Les ogives, pénétrantes, soutiennent les voûtes fortement bombées. Ces voûtes particulières aux pays de la Loire font l'originalité du gothique angevin dit aussi « gothique Plantagenêt ».

L'hôpital Saint-Jean - Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie contemporaine

L'hôpital Saint-Jean comprend également un cloître et une chapelle attenants, un grenier et des caves un peu plus haut sur la butte.
Les espaces muséaux ouverts au public sont la grande salle et le cloître. Les caves et les greniers sont utilisés pour des événements par la Ville d'Angers.

L'hôpital Saint-Jean - Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie contemporaine
Cloître de l'hôpital Saint-Jean © Albert

L'ancien orphelinat, daté du 17e siècle, été rénové en 1986 pour créer une extension au musée Jean-Lurçat.

Seule la façade a conservé ses dispositions architecturales initiales, les pièces intérieures de l'édifice ont été modernisées et ne laissent pas apparaître leurs anciennes fonctions. Dans cet édifice, les visiteurs peuvent découvrir les collections issues notamment d'importantes donations (Lurçat, Gleb et Grau-Garriga). C'est également ici que sont présentées les acquisitions récentes et les expositions temporaires.

Le jardin

La proximité de la Maine a été déterminante dans l'implantation de l'Hôpital Saint-Jean. Au Moyen Âge, à la place du jardin actuel, il y avait une cour entourée de bâtiments qui longeaient un ancien bras de la Maine, comblé à la fin du 19e siècle pour en faire un boulevard et une place. C'est donc pour rappeler l'époque médiévale qu'un jardin clos de type “hortus conclusus” a été réalisé en ce lieu.